15.03.10

Permalink 08:48:41, par Jerôme CARLOS Email , 913 mots, 33 vues   French (FR)
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Indépendance AN 50 : le bilan culturel

Beaucoup d’agitation autour de nos cinquante ans d’indépendance. Mais dans ce concert bruyant, quid de la culture ? Ne tournons pas autour du pot : la culture est et reste la grande oubliée des bilans qui se dressent ici et là. Comme si, en un demi siècle d’indépendance, la culture n’a compté que pour du beurre. De l’inessentiel au menu du jour. La cinquième et inutile roue de la charrette.
On s’affaire à interroger les systèmes politiques qui aident à dresser l’architecture des Etats. On se préoccupe de sonder les économies, évaluant les gains et les pertes, mesurant les avancées et les faillites. On n’oublie pas le front social. Même le sport comptabilise les trophées remportés, les médailles récoltées d’un stade à l’autre. Alors question : pourquoi, dans ce concert de bilans, la culture s’affiche-t-elle aux abonnés absents ? Serait-elle si pauvre, si faible pour être réduite à un produit incolore, inodore et sans saveur ?

Pourtant, le bilan culturel de l’Afrique sur nos cinquante dernières années, est à faire. Importe peu le poids et le volume de la moisson. La culture est de l’ordre du qualitatif et du qualificatif. Elle ne se pèse pas sur une balance. Elle ne s’apprécie pas en données chiffrées dans un livre comptable. La culture est plutôt dans l’esprit des choses. La culture est l’âme des choses. Et cela ne se détecte pas à l’œil nu.

Ce n’est pas parce que la musique africaine est allée à l’assaut du vaste monde, égrenant d’inédites et chaleureuses notes sur ses nouvelles terres de conquête, que l’on peut conclure que les cultures africaines se portent bien. Ceux qui s’égayent ainsi de nous voir chanter et danser ne continuent pas moins de légitimer leurs vols et leurs rapines. Ils gardent d’autorité et par devers eux, dans leurs musées, des pièces majeures de notre patrimoine matériel. Qu’êtes-vous donc devenus, dans la froidure de l’exil, bas-reliefs du Dan-Homê, trônes royaux du pays ashanti, inimitables masques de Nok et d’Illé Ifê?

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12.03.10

Permalink 15:10:11, par Jerôme CARLOS Email , 883 mots, 153 vues   French (FR)
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Le défi de l’invention et de l’innovation

Des hommes et des femmes de génie qui créent ou qui inventent, ça ne court par les rues. Mais le Bénin, en dépit de son mal développement, compte de nombreux inventeurs et découvreurs. Il suffit de les chercher pour les trouver. Il suffit de mettre en place une politique de l’innovation et de l’invention pour que se révèlent d’authentiques créateurs.
La Côte d’Ivoire, jusqu’à un passé récent, organisait, chaque année, un Salon de l’Invention et de l’Innovation. C’était le rendez-vous annuel de géniaux créateurs. Et dire que la plupart de ceux-ci n’étaient sortis d’aucune école. Et dire également qu’ils ne se prévalaient d’aucun titre, d’aucun diplôme. Ils savaient seulement explorer leurs ressources imaginatives et tirer profit de leur immense talent.
Souvenons-nous de Philippe Houssou, le génie d’Ekpè, petite localité tranquille à quelques encablures de Cotonou. Il est l’inventeur, entre autres, d’un émetteur radio. Ce fut, pendant longtemps, le bijou qu’exhibaient fièrement tous les habitants d’Ekpè. Géniale invention à partir de l’assemblage de matériaux de récupération glanés ici et là.

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11.03.10

Permalink 13:45:08, par Jerôme CARLOS Email , 948 mots, 177 vues   French (FR)
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Tous à l’école du débat

Débat. Voilà ce que la démocratie au Bénin se doit d’intégrer au plus vite comme l’un de ses plus sûrs supports. A l’étape actuelle de l’évolution de cette démocratie, le débat reste davantage un concept joyeusement taquiné qu’une pratique solidement éprouvée. Le débat ne fait pas encore florès dans l’arène politique. Il n’a pas les faveurs des animateurs de cet espace. Même constat sur nos médias. Nos journalistes doivent aller, pour la plupart, à l’école de ce genre qui ne s’accommode point de leurs discours unilatéraux, de leurs injures irrespectueuses.
Dans un débat, comptent moins les idées du journaliste, que rien n’autorise à jouer les censeurs, que les idées des personnes en débat. Par ses qualités professionnelles, le journaliste, dans un débat, tient plutôt le rôle d’un arbitre. Il est un accoucheur de vérité. Quand il sait valoriser ses interlocuteurs et faire circuler la parole, il réussit la belle alchimie de la confrontation des idées, arguments contre arguments, pour que jaillisse la lumière.

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05.03.10

Permalink 19:29:54, par Jerôme CARLOS Email , 851 mots, 373 vues   French (FR)
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Plaidoyer pour le genre

Dernière ligne droite avant le 8 mars. Ce jour-là, les femmes du monde entier, selon une tradition solidement établie, sollicitent le regard universel sur leur condition. Elles évaluent les avancées et les progrès enregistrés sur le terrain de leurs droits. Elles déclinent, sur le mode de l’espoir, les perspectives heureuses qui s’offrent en termes d’une plus grande intégration à leurs sociétés, de possibilité d’y tenir une place et d’y jouer un rôle reflétant leur nombre et la qualité de leur engagement social.
C’est un admirable combat qui se poursuit aux quatre coins de la terre. Un combat non linéaire. Il a pris différentes formes et a précisé, à travers le temps, ses moyens d’action, ses objectifs ainsi que son mode opératoire. S’il n’a pas enregistré les mêmes bons résultats partout, il s’impose néanmoins comme un sujet de préoccupation universelle.

Ce combat, d’abord non structuré, presque informel, a commencé par se chercher dans des expressions individuelles de révolte, de ras-le-bol contre la suprématie masculine. Ce fut le fait d’une poignée de femmes pionnières, en rupture de ban, en rébellion ouverte contre un certain ordre des choses, dans des sociétés prises dans le moule de pesanteurs pluriséculaire.

Il s’agit, pour ces femmes, dans un rapport de force quasi nul, de secouer le cocotier, de dessoucher des habitudes solidement enracinées, d’apporter un souffle de créativité dans les rapports femme/homme, de remodeler la société tout entière dans un partage intelligent de pouvoir, en cassant la quasi mainmise de l’homme sur la direction des êtres et des choses.

Cette redistribution des cartes souhaitée a souvent dérapé. On a pu alors parler d’une guerre ouverte entre la femme et l’homme, celui-ci étant souvent convoqué pour répondre de ses crimes. Pour nombre de femmes, embourbées dans cette logique outrancière de la guerre, l’homme est l’être à abattre, l’empêcheur de tourner en rond à déboulonner d’un piédestal usurpé.

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Permalink 19:29:24, par Jerôme CARLOS Email , 939 mots, 473 vues   French (FR)
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Imaginons un étranger qui, la première fois, foule le sol béninois

Sous quel jour découvrira-t-il le pays, dès son arrivée à l’aéroport Bernardin Gantin de Cotonou, après avoir déambulé au long des rues de nos grandes cités, rencontré des amis, pris contact avec les médias ?
L’observateur étranger lira et comprendra le Bénin à partir de trois cercles concentriques de réalités. Le premier cercle est fait d’impressions générales résultant d’images fortes, de situations inédites vécues ou de choses originales vues. Le second cercle, au-delà des apparences, se veut celui d’une approche plus approfondie du pays. Le troisième cercle résume l’idée d’ensemble que l’observateur étranger, au terme de son séjour, peut se faire de notre pays. En somme, « Je suis venu, j’ai vu et voici ce que j’en pense ».
Premier cercle, le cercle des impressions générales. L’observateur étranger qui débarque par la voie des airs à Cotonou est frappé, d’entrée, par la plus que modeste vitrine que nous lui offrons de notre pays. Notre aéroport, en effet, sans faire grise mine, ne paie de mine. Tout suinte, ici, une pauvreté qu’on aurait tort d’assimiler à une quelconque richesse. Le Bénin doit nourrir l’ambition de faire mieux.

Parking exigu, vite tourné en un espace chaotique les jours de grande affluence. Les rues adjacentes à l’aéroport ne sont pas souvent éclairées. Ce qui, la nuit, laisse le sentiment plutôt pénible et angoissant d’être accueilli par une ville fantôme. Notre observateur étranger n’aura pas besoin d’aller loin pour découvrir un autre visage de ce gros village qu’est Cotonou. Avec le ballet impressionnant et brouillon des « Zémidjan », nos inévitables conducteurs de taxi motos. Avec également le festival des véhicules poids lourds qui étouffent littéralement le quartier du port et bien d’autres quartiers du centre ville. Partout règne une ambiance générale de pagaille joyeuse : on brûle les feux, on jette tout par terre, on pisse à tous les coins de rue, on lance des jurons à tout va.

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Monsieur Jerôme Carlos : Historien, journaliste et Chroniqueur
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