18.05.12

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Bénin : restons et travaillons ensemble

Arrêt sur image : chaleureuse poignée de main entre Boni Yayi, le Chef de l’Etat et Adrien Hougbédji, Président du Parti du Renouveau démocratique (PRD) qui se réclame désormais de l’opposition. C’était le mardi 15 mai au sortir d’une rencontre entre les deux leaders. Ceux qui ont une vision radicalement tranchée des choses voient cette rencontre en noir et blanc, sans aucune nuance possible.
Un opposant qui fait ami-ami avec le pouvoir, argumentent-ils, a ravalé, depuis longtemps, son opposition. Au motif qu’on ne peut avoir un pied dedans et un pied dehors. La politique étant la grande mangeoire nationale, qui met un pied dedans, n’est plus loin d’en mettre les deux.
On ne saurait suivre un tel point de vue. Il est faux. Il est trop simple. Le champ politique n’est pas un champ de bataille. Les différents acteurs qui s’y illustrent, malgré ce qui les oppose, ne sont pas, pour autant, des ennemis irréductibles. Quoi de plus normal qu’en démocratie, ces acteurs se rencontrent, se parlent. Sans se renier. Sans abandonner leurs positions politiques. On attend d’eux, dans certaines circonstances, qu’ils transcendent leurs intérêts particuliers et partisans et fassent prévaloir l’intérêt national.
Voilà pour le principe. Mais qu’en est-il dans les faits sous nos latitudes sous-développées ? Ici, la politique tarde à évoluer selon les standards et les normes en vigueur dans des grandes démocraties. Les plus démocrates, une fois au pouvoir, oublient leur traité de démocratie. Se déclarer opposant est un crime de lèse-majesté. C’est aussi un suicide. Dans tous les sens du mot. Le dialogue politique, dans ces conditions, reste suspendu à la branche majeure de l’arbitraire et de l’autocratie. On multiplie les astuces pour se maintenir au pouvoir hors de toutes limites légales ou raisonnables. Et le pouvoir se gère comme le patrimoine d’une famille ou d’un clan. A l’abri de tous regards. Hors de tout contrôle.

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16.05.12

Permalink 09:42:42, par Jerôme CARLOS Email , 878 mots, 196 vues   French (FR)
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Les leçons de la France à l’Afrique

Et le pouvoir, en France, change de main. Nicolas Sarkozy s’en va. François Hollande s’installe. Le 7ème Président de la cinquième République est un socialiste. Un homme de gauche fait dégager de l‘Elysée un homme de droite. La cérémonie d’investiture du mardi 15 mai a consacré ce passage de témoin.
Gravité de François Hollande, aussi bien dans la posture que dans le texte de son discours d’investiture. Emotion forte avec le départ de Nicolas Sarkozy, un départ aux accents tristes d’un adieu. Mais, dans l’ensemble, une grande simplicité. Celle qui sied dans les grands moments. Celle qui rend encore plus grands ceux qui sont grands.
Par rapport à l’Afrique, cette cérémonie d’investiture est pleine d’enseignements. C’est en allant à l’école de la simplicité que nous accèderons à une gestion intelligente et maîtrisée de la République. En effet, chez nous, la République est à libérer d’un folklore inutile. L’Etat est à soulager des lourdeurs festives qui le plombent et qui l’affaiblissent.
On remarquera qu’il n’a pas été nécessaire de faire venir de tous les azimuts d’autres Chefs d’Etat Ici, l’investiture du Président français est vue et comprise comme un événement franco-français. Chez nous, hélas, nos cérémonies d’investiture s’apprécient au nombre de Chefs d’Etat ou de têtes couronnées ayant fait le déplacement. A l’effectif des grosses cylindrées de la jet-set ayant honoré l’invitation.

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15.05.12

Permalink 12:27:37, par Jerôme CARLOS Email , 820 mots, 305 vues   French (FR)
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Turquie-Afrique : une vision d’avenir

Nous rentrons de la Turquie. Obligation de livrer, en priorité, nos impressions de voyage à notre public. Un beau voyage. Il nous a permis de découvrir un beau pays. Un pays qui sait tirer le meilleur profit de l’ancien et du nouveau. Un pays qui sait explorer les facettes de la tradition et de la modernité. Un pays à la croisée de l’Europe et de l’Asie. Il tente d’intégrer l’une en tant que bloc politique et économique. Il trouve dans l’autre l’essentiel de ses référentiels anthropologiques et culturels.
Nous avons ainsi participé à Ankara, les 9 et 10 mai, au Forum des médias Turquie-Afrique. Les représentants des médias publics et privés de 54 pays africains et des intellectuels de Turquie ont intensément échangé et réfléchi. Il s’agit de dessiner les contours d’un partenariat entre les professionnels des médias africains et turcs. Il s’agit, par-dessus tout, de formuler un projet de coopération entre la Turquie et l’Afrique.
Dans un monde qui se globalise et qui voit s’effacer les distances et les frontières entre les peuples, toute tentation ou toute tentative d’isolement prend les allures tragiques d’un suicide individuel ou collectif. Qui refuse de s’ouvrir aux autres prend le risque de voir les autres le circonscrire.

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07.05.12

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Le Bénin ou ce que durent les roses

Tout nous porte à croire que nous sommes fâchés avec la durée. Nos élaborations ne durent que ce que durent les roses. A peine ont-elles vu le jour qu’elles titubent et s’abîment dans les ténèbres du néant. Cela nous installe dans un perpétuel recommencement. Dans cette migration sans fin, nous n’apprenons pas grand-chose. Des petits bouts d’expériences qui se juxtaposent, sans liens les uns avec les autres, cela ne construit rien. Cela sanctionne plutôt un grand échec.
Il y a quelques mois, une partie de la classe politique de notre pays pensait sincèrement avoir découvert une autre manière de faire la politique, avec le rêve de clore à jamais le chapitre de nos errances passées. Dans un contexte fortement marqué par l’émiettement des forces politiques, le regroupement de celles-ci étant l’exception, l’Union fait la Nation (UN), avec toutes ses composantes, apparaissait comme l’étoile du berger dans le ciel maussade de notre pays. Les parrains-géniteurs de ce nouveau pôle politique s’étaient inscrits, du moins théoriquement, dans la durée. Ils avaient planifié le siège en règle du Palais de la Marina pour au moins vingt-cinq ans.
Mais ils n’avaient pas compté avec ce petit vice originel tapi au cœur de tout ce que nous entreprenons, tel le ver dans le fruit. Ont fait surface les contradictions jusque là transcendées, les frustrations étouffées, les colères différées, les récriminations ravalées. Une fois de plus, les démons de la division ont triomphé. La montagne n’a même pas accouché d’une souris. Tant pis pour les chats qui n’auront rien à se mettre sous la dent.
Changeons de registre. Le Bénin, à l’initiative de l’un de ses opérateurs économiques, a vu sortir de terre ce que nous pouvons tenir pour le chaînon manquant de notre football : une structure professionnelle de formation aux normes de ce qui se fait de bien en la matière. Le Centre de formation Adjavon Sébastien (CEFAS) était ainsi appelé à opérer une rupture heureuse, parachevant le rêve de nombre de nos jeunes compatriotes qui ne se voyaient plus que dans la peau d’un Samuel E’too ou d’un Didier Drogba.

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03.05.12

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Au nom de la liberté de la presse

Elle revient chaque année. La Journée internationale de la liberté de la presse, c’est, aujourd’hui, jeudi 3 mai 2012. Le Bénin, notre pays, à l’instar de tous les pays démocratiques du monde, s’incline, en manière d’hommage respectueux, devant une valeur cardinale, la liberté. Une valeur transversale aussi. Parce que la liberté est au cœur de toutes les entités, groupes et catégories d’une société. La liberté est vitale. Elle nous est aussi précieuse que l’air que nous respirons. Elle nous est aussi essentielle que l’eau que nous buvons.
Le créneau qu’occupent les médias, tous les 3 mai, à travers la journée internationale de la liberté de la presse, doit être saisi et compris comme un carré d’hommage. Hommage à ceux et à celles qui engagent leur liberté, au prix de leur vie, pour informer les autres. Hommage à ceux et à celles qui illustrent et honorent, chaque jour, par l’exemple, la vérité selon laquelle la liberté est et doit rester le bon terreau sur lequel pousse et prospère une bonne presse.
Rappelons-nous, dans l’Evangile, la parabole des talents, du nom de cette monnaie de l’antiquité. Le maître, de retour d’un long voyage, s’enquit auprès de ses serviteurs de l’état de gestion de ses biens. « Qu’avez-vous fait, leur demanda-t-il, des talents que je vous ai confiés ? ». Même interpellation à l’adresse de tous les animateurs de la presse nationale, gestionnaires et comptables du quatrième pouvoir. « Qu’avez fait et que faites-vous de votre liberté d’expression, de votre liberté d’initiative et d’action ? ».

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Monsieur Jerôme Carlos : Historien, journaliste et Chroniqueur
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