04.07.09

Permalink 11:09:11, par Jerôme CARLOS Email , 971 mots, 9 vues   French (FR)
Catégories: Chroniques

La société civile à la croisée des chemins

La société civile se fracasse. Elle est troublée par de tragiques divisions. La désignation de son représentant dans la Commission politique de supervision (CPS) pour la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) aura agi comme un révélateur : la société civile, au Bénin, est minée et rongée par des contradictions et querelles internes.

Mais ne dramatisons rien. Ce qu’on convient d’appeler la société civile, n’est qu’une expression générique et bien commode. Celle-ci sert à regrouper sous un seul et même label des entités fort diverses. La société civile n’est ainsi que la façade propre et lisse derrière laquelle trouvent à s’abriter des éléments composites, voire disparates : groupes religieux, syndicats, têtes couronnées, médias, organisations de défense des droits de l’homme, associations socioculturelles… A quelle ligne d’intérêts pourraient s’accrocher tant d’entités différentes pour se trouver et se donner des raisons d’être ensemble ? On n’est pas loin d’un fourre-tout où seul Dieu est à même de reconnaître les siens.

Pour un groupe ainsi structurellement ordonné, difficile de dégager des lignes d’accord, des plages de consensus sur divers problèmes en débat. Si bien que le défi pour toute société civile, comme, du reste, pour toute société politique, c’est de construire des compromis dynamiques. C'est-à-dire des arrangements qui aident à éviter l’enlisement, et grâce auxquels les parties au compromis s’engagent à mutualiser leurs profits, pertes et risques.

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Permalink 11:08:37, par Jerôme CARLOS Email , 1009 mots, 12 vues   French (FR)
Catégories: Chroniques

Elections développées et élections sous-développées

Quel rapport entre élection et développement ? On reconnaîtra, sans rire, que le tout premier rapport, celui qui saute immédiatement aux yeux, c’est que les pays développés organisent des élections qu’on est tenté de qualifier de développées, alors que les pays sous-développés ont des élections qu’ils méritent. Pour dire, des élections conformes à leurs conditions.

D’une manière générale, dans les pays développés, les résultats des élections tombent quasiment le jour même où elles sont organisées. Dès la fermeture des bureaux, les grandes tendances qui se dégagent situent sur l’issue de la consultation et déterminent les gains et les pertes, le succès ou l’échec des uns et des autres. Le perdant, selon un rituel codifié, salue et félicite le vainqueur. C’est rare qu’il y ait un contentieux post électoral qui occupe les esprits et use les nerfs. La parenthèse électorale fermée, on se concentre de nouveau sur ce qui fait l’ordinaire d’un pays normal : le développement.

Dans nos contrées sous-développées, le temps de chaque élection s’annonce comme une période à haut risque, la période de tous les dangers. La tension est vive et il est rare qu’il n’y ait point de fraude. Les résultats se font attendre, tombant goutte à goutte dans un climat de suspicion généralisée. L’atmosphère est rarement à la courtoisie et aux civilités entre les différents protagonistes, mais plutôt à une vive contestation qui débouche parfois sur le chaos général. Chaque fois que les sous-développés vont aux élections, ils prennent le risque de mettre en danger leur développement.
Au cas où ces quelques éléments de constat ne se révèleraient pas assez convaincants, appelons à la rescousse quelques faits d’actualité.

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02.07.09

Permalink 10:47:51, par Jerôme CARLOS Email , 940 mots, 62 vues   French (FR)
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Unité africaine : arrêts sur images

Des salves de bons et de beaux discours. Aujourd’hui 1er juillet 2009 s’ouvre à Syrte, en Libye, le 13 ème Sommet de l’Union africaine. Pas de doute : le rituel sera respecté. Chacun ira de son refrain sur les Etats-Unis d’Afrique. Chacun repartira, la grand-messe terminée, avec la conscience du devoir accompli. A défaut de la capacité opératoire pour une souhaitable unité de l’Afrique, l’incantation sera en vedette. C’est normal : qui ne peut que peu ne peut faire que peu.

Tout le monde veut l’unité de l’Afrique, tout le monde rêve d’une Afrique rassemblée et forte. A l’image de ce que d’autres réussissent à faire ailleurs avec beaucoup de bonheur. Reste à en payer le prix, cash et au comptant. Un choix est à faire. Au prix, s’il le faut, de déchirantes révisions. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

Que faire pour dégager l’horizon d’un milliard d’Africains d’une montagne de vœux pieux, de promesses non tenues ou d’illusions entretenues ? On guérit d’autant mieux des maux qu’on a diagnostiqués, donc qu’on connaît. L’Afrique trouvera les chemins de son unité, en commençant par se regarder dans son miroir et par se révolter contre la piètre image qu’elle n’a cessé de donner d’elle-même au monde.

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30.06.09

Permalink 12:10:53, par Jerôme CARLOS Email , 959 mots, 48 vues   French (FR)
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La difficile équation de l’Ecole

« Qu’allez-vous faire de vos vacances ? » L’élève à qui cette question était posée n’y était pas allé par quatre chemins. Sa réponse à notre question lui semblait couler de source : « Je vais me reposer ». Mais l’école que cet élève abandonne ainsi, pour un repos mérité, ne dort pas. Parce qu’il se trouve toujours des gens pour continuer de porter l’Ecole comme une grossesse. L’Ecole est une équation complexe à plusieurs inconnues. On n’a jamais cessé de la résoudre.

Arrêtons-nous à ces quelques données chiffrées. Sur 100 enfants qui entrent en Cours d’initiation (CI), 45 atteignent le Cours moyen 2ème année (CM2), 16 arrivent en classe de troisième, 7 seulement atteignent la classe terminale. Ce sont, ainsi, 93 jeunes béninois qui sont éjectés du système. Beaucoup d’appelés, 100, peu d’élus, 7, soit une déperdition de 93 jeunes béninois et béninoises, jugés inaptes à s’offrir la formation minimale de base que nous fixons au niveau du bac.

Que deviennent ces 93 concitoyens éjectés du système ?
Question importante s’il en est, parce que personne ne peut se pencher sur l’institution scolaire, prétendre y apporter quelques touches correctives et réformatrices sans prendre en compte cet aspect des choses. Les exclus de l’Ecole sont au cœur des problèmes de l’Ecole. Alors question : que doit faire l’Ecole de ses exclus ? Nous retenons que les peuples intelligents ont compris la nécessité de tirer le meilleur profit de leurs déchets. Aussi ne regardent-ils plus leurs ordures comme une matière repoussante. Ils en font de l’or dur et qui dure !

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29.06.09

Permalink 15:58:15, par Jerôme CARLOS Email , 891 mots, 70 vues   French (FR)
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Michael Jackson : hommage à un artiste d’exception

Il s’appelait Michael Jackson. Sa mort, le 25 juin dernier, laisse intact le mythe, celui d’un artiste de génie, à la fois auteur, compositeur, interprète, danseur, chorégraphe. Michael Jackson, incontestablement, a été, au plan international, l’un des personnages marquants de ces trente dernières années. Il est à compter, par ce qu’il a été, par ce qu’il a fait, parmi ceux qui ont le plus marqué leur époque, parmi ceux qui ont été les plus présents dans l’esprit de leurs contemporains.
Rien ne prédestinait ce septième enfant d’une famille plutôt pauvre, qui en compte neuf, à un destin aussi brillant. La musique, comme une belle fée, rodait autour du berceau de chacun des enfants de cette famille. Papa, ouvrier de son état, n’était pas moins attaché à sa guitare dont il savait tirer des sonorités magiques. Il faut croire que cela ne tombait pas dans l’oreille d’un sourd. Dans un tel environnement familial, vont éclore tout naturellement une vraie sensibilité musicale, de vraies vocations de musiciens.

Michael Jackson à l’âge de cinq ans, micro en main, la bouche fleurie de chansons alors à la mode, alla à la rencontre du public avec son groupe familial, Jackson Five. Ce fut l’acte premier d’un mariage d’amour avec la musique devenue sa raison d’être et de vivre. En1971, commença la carrière solo de celui qui allait littéralement « révolutionner » la scène musicale et se faire sacrer « Le Roi de la pop music ».

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Monsieur Jerôme Carlos : Historien, journaliste et Chroniqueur
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