05.03.10

Permalink 19:29:54, par Jerôme CARLOS Email , 851 mots, 219 vues   French (FR)
Catégories: Chroniques, Album photos

Plaidoyer pour le genre

Dernière ligne droite avant le 8 mars. Ce jour-là, les femmes du monde entier, selon une tradition solidement établie, sollicitent le regard universel sur leur condition. Elles évaluent les avancées et les progrès enregistrés sur le terrain de leurs droits. Elles déclinent, sur le mode de l’espoir, les perspectives heureuses qui s’offrent en termes d’une plus grande intégration à leurs sociétés, de possibilité d’y tenir une place et d’y jouer un rôle reflétant leur nombre et la qualité de leur engagement social.
C’est un admirable combat qui se poursuit aux quatre coins de la terre. Un combat non linéaire. Il a pris différentes formes et a précisé, à travers le temps, ses moyens d’action, ses objectifs ainsi que son mode opératoire. S’il n’a pas enregistré les mêmes bons résultats partout, il s’impose néanmoins comme un sujet de préoccupation universelle.

Ce combat, d’abord non structuré, presque informel, a commencé par se chercher dans des expressions individuelles de révolte, de ras-le-bol contre la suprématie masculine. Ce fut le fait d’une poignée de femmes pionnières, en rupture de ban, en rébellion ouverte contre un certain ordre des choses, dans des sociétés prises dans le moule de pesanteurs pluriséculaire.

Il s’agit, pour ces femmes, dans un rapport de force quasi nul, de secouer le cocotier, de dessoucher des habitudes solidement enracinées, d’apporter un souffle de créativité dans les rapports femme/homme, de remodeler la société tout entière dans un partage intelligent de pouvoir, en cassant la quasi mainmise de l’homme sur la direction des êtres et des choses.

Cette redistribution des cartes souhaitée a souvent dérapé. On a pu alors parler d’une guerre ouverte entre la femme et l’homme, celui-ci étant souvent convoqué pour répondre de ses crimes. Pour nombre de femmes, embourbées dans cette logique outrancière de la guerre, l’homme est l’être à abattre, l’empêcheur de tourner en rond à déboulonner d’un piédestal usurpé.

=> Lire la suite!

Permalink 19:29:24, par Jerôme CARLOS Email , 939 mots, 317 vues   French (FR)
Catégories: Chroniques, Album photos

Imaginons un étranger qui, la première fois, foule le sol béninois

Sous quel jour découvrira-t-il le pays, dès son arrivée à l’aéroport Bernardin Gantin de Cotonou, après avoir déambulé au long des rues de nos grandes cités, rencontré des amis, pris contact avec les médias ?
L’observateur étranger lira et comprendra le Bénin à partir de trois cercles concentriques de réalités. Le premier cercle est fait d’impressions générales résultant d’images fortes, de situations inédites vécues ou de choses originales vues. Le second cercle, au-delà des apparences, se veut celui d’une approche plus approfondie du pays. Le troisième cercle résume l’idée d’ensemble que l’observateur étranger, au terme de son séjour, peut se faire de notre pays. En somme, « Je suis venu, j’ai vu et voici ce que j’en pense ».
Premier cercle, le cercle des impressions générales. L’observateur étranger qui débarque par la voie des airs à Cotonou est frappé, d’entrée, par la plus que modeste vitrine que nous lui offrons de notre pays. Notre aéroport, en effet, sans faire grise mine, ne paie de mine. Tout suinte, ici, une pauvreté qu’on aurait tort d’assimiler à une quelconque richesse. Le Bénin doit nourrir l’ambition de faire mieux.

Parking exigu, vite tourné en un espace chaotique les jours de grande affluence. Les rues adjacentes à l’aéroport ne sont pas souvent éclairées. Ce qui, la nuit, laisse le sentiment plutôt pénible et angoissant d’être accueilli par une ville fantôme. Notre observateur étranger n’aura pas besoin d’aller loin pour découvrir un autre visage de ce gros village qu’est Cotonou. Avec le ballet impressionnant et brouillon des « Zémidjan », nos inévitables conducteurs de taxi motos. Avec également le festival des véhicules poids lourds qui étouffent littéralement le quartier du port et bien d’autres quartiers du centre ville. Partout règne une ambiance générale de pagaille joyeuse : on brûle les feux, on jette tout par terre, on pisse à tous les coins de rue, on lance des jurons à tout va.

=> Lire la suite!

Permalink 19:28:27, par Jerôme CARLOS Email , 902 mots, 219 vues   French (FR)
Catégories: Chroniques, Album photos

Parole et écriture ou le dilemme africain

Il est plus facile de savoir ce que l’on gagne que de savoir ce que l’on perd. En proposition plus claire et plus précise, il est plus facile pour l’Afrique de savoir ce qu’elle a gagné, ce qu’elle gagne en entrant de plain-pied dans la civilisation de l’écriture. Mais l’Afrique ne saura ni ne pourra jamais évaluer ses pertes dans la distance qu’elle prend désormais avec oralité, dans les rapports plus qu’ambigus qu’elle entretient désormais avec la parole.
Nous étions une civilisation de l’oralité. Et cela ne nous déclassait pas par rapport aux peuples de l’écriture. Aucune hiérarchie, dans l’ordre de la culture et de la civilisation, ne saurait être établie à partir d’une telle donnée. Et puis, ce n’est pas parce que l’Afrique a donné le primat à l’oralité, à la parole qu’elle ne connaissait pas l’écriture. De grandes et belles réalisations restent à jamais marquées du génie créateur de ses peuples.
Et ceux-ci savent pourquoi ils ont privilégié, dans leurs relations sociales, la parole par rapport à la chose écrite, figée qu’elle est dans le matériel et dans la matérialité de ce qui lui tient lieu de support. Nous disposons d’un large échantillon de proverbes des quatre coins du continent. Les uns et les autres témoignent du sens et la valeur que porte la parole pour divers peuples d’Afrique.

=> Lire la suite!

Permalink 19:27:49, par Jerôme CARLOS Email , 961 mots, 209 vues   French (FR)
Catégories: Chroniques, Album photos

Une « journée du consensus national » pour quoi faire ?

Une pause significative que la commémoration des 20 ans de la Conférence des forces vives de la nation. Le Bénin vient de célébrer ces quelques jours du mois de février 1990 qui changèrent le cours de son destin. Sans cette célébration, on eut dit que le miracle opéré par les Béninois, à travers la tenue réussie de ces assises, dépasse en sens et en signification la capacité de ceux-ci à assumer l’événement et à lui conférer sa juste dimension historique, sa vraie portée politique.
Un peu comme l’artiste qui, après une plus ou moins longue élaboration « accouche », devrait-on dire, d’un chef d’œuvre. Ou bien il garde le silence face à l’indicible, incapable d’expliquer, lui-même, les voies souterraines qui conduisent un simple mortel à frayer avec les muses et à se faire le compagnon des dieux. Ou bien c’est l’observateur extérieur qui, frappé par la grandeur de l’œuvre produite, révèle à l’artiste qu’il a franchi les frontières de l’humaine condition.

Voilà l’ambiguïté que le Bénin a entretenue, vingt ans durant, avec sa conférence des forces vives de la nation. Soit qu’il minore ou banalise ses propres performances. Pendant que les autres font chorus pour louer son exploit. Soit qu’il abandonne son œuvre à la poussière de l’oubli. Pendant que les autres n’ont de cesse de marquer leur admiration pour ce qu’ils appellent le génie béninois.

=> Lire la suite!

01.03.10

Permalink 10:53:54, par Jerôme CARLOS Email , 964 mots, 239 vues   French (FR)
Catégories: Chroniques, Album photos

Janus, l’hôte officiel du Bénin

Est il mentalement sain de vouloir une chose et son contraire ? Les Romains, dans l’antiquité, avaient un dieu qui répondait au nom de Janus. Ce dieu était représenté avec deux visages tournés en sens contraire. Quand l’un des visages de Janus consent, approuve et acquiesce en disant oui, l’autre se renfrogne, s’assombrit en disant non. Un dieu, mais deux expressions opposées, contraires.
Tout pousse à croire, en ce début de l’année 2010, que Janus a élu domicile au Bénin. Il hante le grand marché international de Dantokpa. Il rode autour des cent cinquante partis qui peuplent, dans une indécente promiscuité, l’arène politique nationale. Il fait des siennes dans toutes nos fédérations sportives, en donnant le vertige, en particulier, aux dirigeants de notre football. Nos médias, à travers nos journaux, radios et télévisions, ne sont pas en reste. Ils nagent, ces jours-ci, dans une confusion extrême, orchestrant, de ce fait, une cacophonie du diable. Ne vous y trompez pas : Janus est passé par là.

Le Bénin, à l’occasion de l’an 20 de sa Conférence des forces vives de la nation, n’a eu de cesse de parler d’union, d’unité, de consensus. De bien beaux concepts dans des discours flamboyants et de la bouche fleurie de maints orateurs. Des concepts convoqués pour accompagner notre marche en avant. Des concepts déclinés sur tous les tons et à tous les temps.

Mais à peine furent-elles refermées les portes de la mémoire, rangés au grenier les flonflons de ce grand bal du souvenir que la désunion se réinstalle. Les familles, les entreprises, les groupes d’intérêts, les associations, les partis politiques bruissent de coups bas assénés tous azimuts : coups de bec, coups de griffe, coups de corne, coups de sabot. La zizanie revisite l’arène politique, s’empare, à nouveau, de tous les esprits. Le Béninois redevient loup pour le Béninois. Là-dessus, point de doute : Janus est passé par là.

=> Lire la suite!

:: Page suivante >>

Monsieur Jerôme Carlos : Historien, journaliste et Chroniqueur
Monsieur Jerôme Carlos : Historien, journaliste et Chroniqueur

| Suivante >

Rechercher

Catégories

Qui est en ligne?

  • Visiteurs: 3

powered by
b2evolution